5 différences entre auxiliaire de puériculture et asisstante maternelle
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Auteur : l'équipe rédaction du site formation-auxiliaire-puericulture.com
Le secteur de la petite enfance recèle de métiers passionnants, mais il est parfois difficile de s'y retrouver. Vous hésitez entre devenir auxiliaire de puériculture ou assistante maternelle ? Bien que ces deux professions partagent un objectif commun, le bien-être des tout-petits, elles reposent sur des réalités quotidiennes très différentes.
Quel métier choisir : auxiliaire de puériculture ou assistante maternelle ? Pour vous aider à y voir plus clair, voici 5 différences majeures. De la formation nécessaire aux missions quotidiennes, en passant par la rémunération, le lieu de travail ou encore l'âge des enfants pris en charge, voici tout ce qu'il faut savoir avant de vous lancer dans l'une de ces carrières incontournables.

1. Formation : DEAP vs agrément PMI, quelles différences ?
Pour devenir auxiliaire de puériculture ou assistante maternelle, le parcours de qualification diverge : l'une doit obtenir un Diplôme d'État (DEAP) tandis que l'autre doit valider un agrément PMI spécifique.
La formation d'auxiliaire de puériculture
Pour exercer ce métier, l'obtention du Diplôme d'État d'Auxiliaire de Puériculture (DEAP) est obligatoire. Cette formation intensive dure généralement un an et l'accès en école spécialisée (IFAP) se fait sur sélection (étude de dossier et entretien de motivation).
Le cursus complet représente 1 540 heures d’apprentissage, réparties équitablement entre 22 semaines de modules théoriques et 22 semaines de stages en milieu professionnel (maternité, crèche, pédiatrie).
Ce parcours exigeant permet aux futurs professionnels d'acquérir les compétences techniques et les qualités humaines indispensables pour accompagner les tout-petits avec expertise.
La formation d'assistante maternelle
Pour exercer le métier d'assistante maternelle (ou assistant maternel), l'obtention d'un agrément est la première étape obligatoire. Délivré par les services départementaux de la Protection Maternelle et Infantile (PMI), ce précieux sésame atteste que les conditions d'accueil et de sécurité sont réunies pour le bien-être des jeunes enfants. Cet agrément est valable pour une durée de 5 ans renouvelable.
Le parcours inclut également une formation obligatoire de 120 heures, gratuite et financée par le département. Elle se divise en deux temps : une première partie de 80 heures à valider impérativement avant d'accueillir le premier enfant, suivie des 40 heures restantes durant les deux premières années d'activité.
Cependant, être titulaire du CAP AEPE (Accompagnant Éducatif Petite Enfance), anciennement CAP Petite Enfance, constitue un avantage majeur :
- Expertise rassurante : ce diplôme d'État atteste de solides compétences théoriques et pratiques. Pour les parents, c'est un gage de professionnalisme qui facilite la mise en confiance lors de l'embauche.
- Dispenses de formation : grâce à vos acquis, vous pouvez bénéficier d'allègements de formation ou de dispenses sur certaines unités de la formation des 120 heures, accélérant ainsi votre installation.
- Socle de compétences : vous maîtrisez déjà les protocoles d'hygiène, les étapes du développement de l'enfant et les activités d'éveil, ce qui vous rend opérationnelle immédiatement.
2. Missions et quotidien : soins médicaux vs éveil familial
Au-delà du diplôme, les missions de l'auxiliaire de puériculture et de l'assistante maternelle diffèrent par leur cadre d'exercice, allant du soin technique en collectivité à l'accompagnement personnalisé au domicile
Les missions d'auxiliaire de puériculture
L'auxiliaire de puériculture (AP) intervient majoritairement dans des structures médicalisées ou de soins telles que les hôpitaux, les maternités ou les cliniques. Son rôle central est d'assurer le confort, l'hygiène et le bien-être des nourrissons et des jeunes enfants.
Au quotidien, les missions de l'auxiliaire sont variées : elle réalise les soins d'hygiène (toilette, change), surveille l'état de santé général et applique des protocoles d'hygiène et de sécurité rigoureux.
En plus de l'aide à la prise des repas ou des médicaments, l'AP participe activement aux activités d'éveil. Elle occupe également une fonction essentielle de conseil et de soutien à la parentalité, en accompagnant les familles dans l'apprentissage des premiers soins.
Travaillant souvent au sein d'une équipe pluridisciplinaire, elle est le garant d'un environnement sécurisant et stimulant pour l'enfant.
Le rôle de l'assistante maternelle
L'assistante maternelle (assmat) offre un mode de garde unique en accueillant les enfants à son propre domicile (ou en MAM). Son rôle est de proposer un cadre familial et sécurisant pour favoriser l'éveil des petits.
Ses missions quotidiennes sont polyvalentes : au-delà des soins d'hygiène et de la préparation de repas équilibrés, elle accompagne l'enfant dans son développement social, affectif et cognitif.
Véritable professionnelle de la petite enfance, l'assistant maternel élabore un projet éducatif conforme à la Charte nationale d'accueil du jeune enfant. Sa journée est rythmée par les besoins spécifiques de chaque enfant : activités de manipulation, chants, sorties en plein air et temps de repos.
Enfin, une part essentielle de son métier repose sur la communication avec les parents, garantissant une transmission fluide des événements de la journée pour une relation de confiance durable.
3. Statut et rémunération : fonctionnaire, salariée ou indépendante ?
Au-delà des missions, la rémunération et le statut juridique marquent une rupture nette : alors que l'auxiliaire de puériculture perçoit un salaire fixe de fonctionnaire ou de salariée, l'assistante maternelle gère ses revenus via des contrats multi-employeurs.
Le salaire d'une auxiliaire de puériculture
L'AP bénéficie généralement du statut de salariée, que ce soit dans la fonction publique hospitalière, territoriale ou au sein du secteur privé (crèches associatives ou entreprises). En début de carrière, la rémunération est encadrée par une grille indiciaire précise : à l'échelon 1, le salaire de base s'élève à 1 836,20 € brut par mois.
Au fil des années, la rémunération évolue grâce à l'ancienneté et au système d'échelons de la grille indiciaire. À ce salaire de base s'ajoutent souvent des primes spécifiques (travail de nuit, week-end ou jours fériés en milieu hospitalier).
Ce statut offre une grande stabilité avec des revenus fixes et des avantages sociaux liés à la convention collective de la structure employeuse.
Source : Emploi collectivités 
La rémunération d'assistante maternelle
Contrairement au salaire fixe en structure, la paie d'une assistante maternelle est fluctuante. Elle est déterminée par le taux horaire brut discuté avec les parents, le volume d'heures de garde et le nombre d'enfants accueillis.
Le cadre légal, défini par la Convention Collective Nationale des particuliers employeurs, impose un plancher minimal de 3,79 € brut par heure.
Ce tarif horaire de base est souvent revu à la hausse selon l'expérience de l'assmat, ses formations complémentaires ou la tension géographique (zones urbaines). En plus de ce salaire, l'assistante maternelle perçoit des indemnités d'entretien et de repas.
Ces frais, destinés à couvrir les dépenses quotidiennes (jeux, électricité, nourriture), s'ajoutent systématiquement au salaire brut de base et doivent figurer distinctement sur le contrat de travail.
Source : Service-public.gouv
4. Lieu de travail : collectivité vs domicile
Le cadre de vie quotidien est l’un des points de rupture majeurs : là où l'auxiliaire de puériculture évolue en collectivité, l'assistante maternelle privilégie un accueil à domicile ou en MAM (Maison d'Assistantes Maternelles).
Le secteur d'activité d'auxiliaire de puériculture
Le lieu de travail de l'auxiliaire de puériculture est extrêmement varié, offrant des opportunités de carrière tant dans le secteur public que privé. Selon ses aspirations, l'AP peut exercer ses missions dans trois environnements principaux :
- Le milieu hospitalier et médical : elle intervient au cœur des services de maternité, de pédiatrie ou de néonatalogie, ainsi qu'au sein de cliniques privées.
- Les structures d'accueil collectif : l'AP est un pilier indispensable des crèches (municipales ou privées), des haltes-garderies et des centres de Protection Maternelle et Infantile (PMI).
- Le secteur médico-social et spécialisé : son expertise est sollicitée dans les pouponnières sociales, ainsi que dans des instituts spécialisés accueillant des enfants et adolescents en situation de handicap (déficience intellectuelle ou motrice).
Cette pluralité d'établissements permet à la professionnelle de choisir entre un environnement très médicalisé ou un cadre tourné vers l'éveil et l'accompagnement quotidien en collectivité.
Le lieu de travail du métier d'assistante maternelle
L'un des grands atouts de ce métier est la flexibilité de son environnement professionnel. Une assistante maternelle agréée peut choisir entre trois cadres de travail distincts :
- Le travail à domicile : c'est l'option la plus courante. Elle permet d'exercer chez soi en toute autonomie, en étant salariée directe des parents employeurs. C'est idéal pour bénéficier d'une grande liberté d'organisation au quotidien.
- La Maison d'Assistantes Maternelles (MAM) : ce lieu dédié permet de rompre l'isolement en travaillant en équipe (jusqu'à 4 professionnelles).
- La crèche familiale (ou service d'accueil familial) : dans ce cadre, l'accueil se fait toujours au domicile de la professionnelle, mais celle-ci est salariée d'une structure (mairie ou association). Elle bénéficie alors du soutien d'une équipe de direction (puéricultrice, médecin).
Que ce soit à domicile ou en MAM, chaque assistante maternelle peut y accueillir 4 enfants simultanément (un 5ème avec dérogation ponctuelle) tout en restant salariée des parents.

5. Âge des enfants : de la naissance à l'adolescence
La tranche d'âge des enfants accueillis constitue une différence majeure entre ces deux métiers. Pour l'AP, le public varie considérablement selon son lieu d'exercice : elle s'occupe de nouveaux-nés en maternité, de nourrissons en crèche, mais peut aussi accompagner des enfants et adolescents jusqu'à 18 ans au sein de services hospitaliers spécialisés ou d'instituts pour jeunes en situation de handicap.
À l'inverse, l'assistante maternelle se concentre principalement sur la petite enfance. Elle accueille généralement des bébés dès la fin du congé maternité (environ 3 mois) jusqu'à leur entrée à l'école à 3 ans. Cependant, sa mission se prolonge souvent au-delà : de nombreuses assmats assurent un accueil périscolaire jusqu'à l'âge de 6 ans, prenant en charge les enfants le matin, le midi ou le soir après l'école maternelle.
Bien que l'auxiliaire de puériculture et l'assistante maternelle partagent une passion commune pour l'éveil des tout-petits, leurs parcours et cadres de travail diffèrent. L'AP privilégie le travail en équipe et la dimension médicale ou collective, tandis que l'assistante maternelle s'épanouit dans l'autonomie et l'accueil personnalisé au domicile.
Le choix entre ces deux professions dépendra de vos aspirations : stabilité du salariat hospitalier ou flexibilité de l'entrepreneuriat à domicile. Dans les deux cas, ces métiers de la petite enfance sont essentiels et offrent de belles perspectives de carrière face à une demande de garde d'enfants toujours croissante.
